Vaillance des ingénieurs à la guerre

Dans cette section, nous nous efforcerons de reconnaître la vaillance des ingénieurs pendant les conflits. Il s’agit d’un projet continu nécessitant des efforts de recherche considérables, et bien qu’il ne soit pas complet, c’est un début.

Première médaille militaire canadienne remportée par un sapeur

En juin 1940, au moment de l'évacuation de Dunkerque, la 1re Division canadienne commença à se rendre en Bretagne pour tenter de rétablir un corps expéditionnaire britannique en France. Les Britanniques s'étaient déplacés trop rapidement et sans le soutien français, les troupes devaient être ramenées en Angleterre en une semaine. Dans la précipitation, les sapeurs C. Julien et Fraser Peter Hutchinson, tous deux hospitalisés, ont été abandonnés et faits prisonniers. Alors que les deux se sont échappés et ont été repris, seul le sapeur Hutchinson, MM, a réussi une évasion ultérieure et est retourné en Angleterre, revenant au QG de la compagnie en mai 1942.

Décorations de la Croix de George et la médaille George

En 1940, au plus fort du Blitz, il y avait un fort désir de récompenser « pour les actes du plus grand héroïsme ou pour le courage le plus remarquable dans des circonstances de danger extrême » non-face à l'ennemi. Il a été décidé d’instituer la Croix George et la médaille George Medal pour reconnaître à la fois la bravoure face aux bombardements ennemis et les actes courageux en général. Une Croix de George et cinq médailles de George ont été décernées à des officiers et des hommes du Génie royal canadien. À l'époque contemporaine, la Croix de George et la médaille de George sont respectivement équivalentes à la Croix canadienne de la vaillance et à la médaille de la bravoure.

 Bravoure des Sapeurs sur les plages de Dieppe - le 19 août 1942 

En 1942, le commandement opérationnel britannique conçoit un assaut de la force aérienne et de la marine amphibie combiné et aéroporté sur Dieppe, un port fortifié de la côte française occupé par les Allemands. Le plan initial, l’opération RUTTER, prévoit qu’une force de la taille d’une division débarquera, s’emparera des installations clés et détruira les autres, recueillera des renseignements de grande importance, et tiendra la ville pendant deux marées avant de retourner en Angleterre. Cette force doit être appuyée par des débarquements aéroportés, des chasseurs et un bombardement intensif par l’air et par la mer. (Deux Croix militaires, deux Médailles de conduite distinguée, trois Médailles militaires et de nombreuses Citations à l’ordre du jour)

La bravoure des sapeurs en Sicile

Le premier sapeur canadien, et peut-être le premier officier canadien, à mettre les pieds en Sicile fut le capitaine George Wheelock Burbidge de la 4e Compagnie de campagne.  Le capitaine Burbidge était assigné au QG des opérations conjointes et avait été affecté au 3e Groupe des opérations de pilotage à Malte.  Il a disparu lors d’une mission de reconnaissance le 4 mars 1943. Quatre mois plus tard, la 1re Division d’infanterie canadienne, appuyée par trois compagnies de campagne, les 1re, 3e et 4e, et la 2e Compagnie de soutien, débarque sur les plages de Pachino. La valeur de la contribution du Génie royal canadien lors de la campagne sicilienne peut être mesurée par le nombre de récompenses octroyées à ses membres pour leur bravoure, recevant plus de distinctions que n’importe quelle autre unité de l’Armée canadienne.

Vaillance sur le Moro le 8 décembre 1943 

Le 6 décembre 1943, la 1re Division d’infanterie canadienne, menée par le major-général Chris Vokes, un sapeur, commence une série d’assauts sur des points de franchissement majeurs le long du fleuve Moro sur la côte Est de l’Italie. Ces attaques sont menées par trois bataillons d’infanterie, qui combattent ardemment pendant deux jours et établissent deux petites têtes de pont sur le fleuve Moro. Le 8 décembre, Vokes révise son plan pour consolider une grande tête de pont en lançant une attaque sur deux fronts à partir des deux petites têtes de pont. L’attaque commence l’après-midi par un barrage d’artillerie nourri, qui est suivi de l’infanterie. La nuit du 8 au 9 décembre, des unités du Génie royal canadien construisent sur le Moro un pont qui permet aux armes blindées et à l’équipement d’entrer à San Leonardo le lendemain. (Un Ordre du service distingué, deux Médailles militaires)

Les sapeurs sur la ligne Hitler – mai 1944

Au printemps 1944, les Allemands tenaient encore la ligne de défense au nord d’Ortona, de même que le puissant bastion de Monte Cassino qui bloque le corridor de Liri vers la capitale italienne. Déterminés à maintenir leur emprise sur Rome, les Allemands construisent deux formidables lignes de fortifications : la ligne Gustav et la ligne Adolf Hitler, plus loin dans la vallée. Tôt le 23 mai, la 1re Division d’infanterie canadienne lance une attaque à trois brigades contre la ligne Hitler. Sous une pluie de tirs de mortiers et de mitrailleuses ennemis, et au coût de lourdes pertes, les Canadiens percent les défenses ce jour-là, et les chars de la 5e Division blindée canadienne s’infiltrent vers le prochain obstacle, la rivière Melfa. (Quatre Croix militaires, cinq Médailles militaires)

Vaillance des sapeurs sur les plages de la Normandie – le 6 juin 1944 

Les histoires de l’assaut donné par la 3e Division d’infanterie canadienne sur la plage Juno le 6 juin 1944 ont été racontées à maintes reprises et de maintes façons. Nous ne les répèterons pas sur cette page. Elle ne servira qu’à présenter le contexte et énumérer les membres du Génie royal canadien qui ont été décorés pour leur vaillance ce jour-là. (Un Ordre du service distingué, une Croix militaire, neuf Médailles militaires, une Médaille du service distingué)​

Vaillance des sapeurs sur la rivière Orne River – les 18 et 19 juillet 1944

 La bataille pour la ville de Caen prend fin le 9 juillet après avoir blessé ou tué près de 1 200 Canadiens les deux derniers jours. Ce nombre dépasse le nombre de pertes des débarquements mêmes. L’objectif est alors de continuer à attirer les forces allemandes loin de la 1st US Army et de se diriger vers Falaise. L’opération ATLANTIC a pour but de prendre et tenir la rive ouest de la rivière Orne et débute le 18 juillet 1944 lorsque des éléments de la 3e Division du Canada traversent les régions Nord-Est de Caen et des éléments de la 2e Division du Canada traversent les régions Sud et frappent au sud. (Trois Ordres du service distingués, trois Croix militaires, deux Médailles de l’Empire britannique)​

Vaillance des sapeurs sur la ligne gothique du 25 août au 22 septembre 1944

La dernière grande bataille de la campagne d'Italie commença en fin août 1944. Elle durerait un mois et coûterait 4 500 tués, blessés et disparus. Cela n’a pas mis fin aux combats en Italie, mais a brisé la dernière ligne de défense du maréchal Kesselring dans la péninsule italienne. Pour le Génie royal canadien, le coût était élevé - plus de 40 tués et plus de blessés. Leur vaillance tout au long de l'épreuve d'un mois a été reconnue par deux Croix militaires et cinq médailles militaires.

Vaillance du groupement Porterforce – le 31 octobre et le 1er novembre 1944 

 À la fin d’octobre 1944, le 1er Corps canadien est en action constante depuis la bataille de la ligne gothique en août. La rivière Savio est traversée, mais peu de succès est tiré de l’avance vers Ravenna dans la plaine inondée de la vallée de Pô. Le Corps est intégré dans la 8e réserve de l’Armée, à l’excception de quelques unités canadiennes affectées au groupement tactique mis sur pied en toute hâte et appelé Porterforce, dirigé par le Lcol Porter. Parmi ces unités se trouvent la 12th Field Company, RCE. Les forces du colonel Porter, composées de plus de 2 000 militaires de tous les grades provenant de l’arme blindée, de l’infanterie, de l’artillerie et du génie, ont la tâche de prendre la ville de Ravenna. Les opérations débutent le 28 octobre selon un axe de progression dans des plaines inondées, des canaux et des rivières jonchés de mines et de dispositifs de destruction. (Une Croix militaire, une Médaille militaire)

Vaillance du Génie à Kapelsche Veer 

Après l'opération MARKET GARDEN et le succès de la bataille de l'Escaut, les Alliés avaient enfoncé un saillant profond dans les défenses allemandes de la Hollande. La Première Armée canadienne était à l'extrémité nord du saillant, entourée de trois côtés par les Allemands. La planification et la préparation pour sortir du saillant et entrer en Allemagne ont été retardées d'abord par la neige et la pluie, puis par l'offensive des Ardennes à la mi-décembre 1944 (la bataille des Ardennes). L'offensive allemande a attiré les formations britanniques au sud et hors du saillant pour aider à conjurer l'assaut allemand. En réponse, les Allemands ont vu une ouverture dans le saillant et déplacé des forces dans des positions pour soutenir l'offensive des Ardennes. Plus précisément, ils ont placé une garnison de la taille d'une compagnie pour défendre un traversier potentiellement important dans la ville de Kapelsche Veer sur une île de la rivière Maas. La capture de Kapelsche Veer a été confiée à la 4e division blindée canadienne du major-général Chris Vokes.

La contribution du génie à la bataille est revenue aux sapeurs du 9e Escadron de campagne. Sous le couvert de l'obscurité, ils ont travaillé pendant une semaine pour construire un pont à partir des restes d'un pont détruit à seulement 500 mètres de l'ennemi. Les Allemands ne l'ont jamais su. Les sapeurs ont sablé la route couverte de glace et l'infanterie et les chars légers Stuart ont traversé le « Mad Whore's Dream ». Les sapeurs ont construit un traversier de classe 40 dans de l'eau pleine de glace et mis en place un pont Bailey de classe 40 pour traverser les chars Sherman. Après quatre jours de durs combats, les Canadiens ont éliminé toute résistance. Le coût était élevé - plus de 20 sapeurs tués au cours de la période de cinq semaines. La bravoure des sapeurs devant l'ennemi a été reconnue par l'attribution d'une croix militaire et de trois médailles militaires au 9e Escadron de campagne.