Nous en avons fait du chemin!

Publication Date 
01 Dec 2010

Réimprimé à partir de La Feuille D'Erable 24 novembre 2010

Par Lesley Craig and Emeline Thermidor

Issu d’une longue lignée de collectionneurs invétérés, il amasse des uniformes et de l’équipement canadiens depuis 1976.

L’Adjudant Ed Storey estime que sa collection compte environ 300 uniformes, plus de 200 casques, des centaines d’écussons et plus encore. Sa femme veille à ce qu’il demeure humble, malgré sa collection, en lui rappelant qu’il a un pied solidement ancré dans la « forêt des ratés ». Il affirme que c’est grâce à elle qu’il n’a pas les deux pieds dedans.

L’Adj Storey s’intéresse aux objets liés au champ de bataille remis aux militaires canadiens des années 1900 à aujourd’hui.

Parmi les pièces inhabituelles de sa collection, il compte des sous-vêtements, des rations et une boîte-cadeau de Noël de la reineVictoria qui date de 1900 et qui contient des chocolats.

Les uniformes de la collection de l’Adj Storey proviennent de différentes périodes au cours du dernier siècle et ils racontent des tranches de l’histoire militaire. La tenue de service brune de la Première Guerre mondiale cède sa place à l’uniforme vert olive de la Seconde Guerre mondiale. L’adj Storey vient récemment d’ajouter à sa collection des uniformes de camouflage et de l’équipement connexe, qui rappellent la participation canadienne à la Commission internationale de supervision et de contrôle, lors de la guerre du Vietnam.

« Les conditions de guerre influent de toute évidence sur les uniformes, mais la plupart des uniformes canadiens conçus jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale s’inspiraient des modèles britanniques, précise l’Adj Storey. Après cette guerre, nous avons commencé à créer nos propres uniformes et, après avoir pondu de nouveaux modèles au début des années 1960, la conception s’est ralentie jusqu’à la fin des années 1990. » Le processus Aujourd’hui, près de 70 projets d’amélioration des uniformes et de l’équipement des FC sont en cours. Les changements que l’on apporte varient de sous vêtements thermiques légers à des vestes pare-éclats, en passant par des chapeaux de combat à large bord, ainsi que des chaussettes et des bottes de combat.

Parmi les mesures prises relativement à l’habillement, on compte le Projet d’amélioration des vêtements et de l’équipement naval, la Norme du millénaire en matière d’habillement et d’équipement et le projet Habillez le soldat.

Les besoins des militaires, les progrès technologiques de l’industrie et les nouveaux tissus ont entraîné de grands changements qui ont façonné les vêtements militaires. D’autres changements découlent de nouvelles exigences opérationnelles. « Nous étions parmi les forces armées les plus mal habillées, et nous sommes maintenant parmi les mieux habillées », affirme la Major Nathalie Guilbeault, chef intérimaire de Vêtements et équipement protecteur opérationnels (VEPO). « Par exemple, en Afghanistan, nous sommes passés du DCamC (régions boisées tempérées) au DCamC (régions arides). Nous avons créé un système d’hydratation en eau potable et un chemisier hybride qui gère l’humidité du haut du corps. » On apporte aussi des changements lorsqu’un produit doit être amélioré, lorsque ceux qui le portent se plaignent ou lorsque le vêtement n’est pas aussi efficace que prévu. « On a lancé des projets d’immobilisations en vue de résoudre les lacunes connues de nos vêtements », précise Peter Graham, gestionnaire adjoint de trois projets d’habillement.

Quoique les trois éléments connaissent des problèmes semblables relativement à certains vêtements, chacun d’eux a des exigences uniques. « Les nouvelles technologies ont permis d’améliorer l’efficacité, le confort et l’indice thermique », ajoute M. Graham Les projets d’habillement prévoient aussi des uniformes pour les pompiers, la police militaire, les cuisiniers et les conducteurs.

Le Comité sur la tenue des FC joue un rôle essentiel à chaque étape, veillant à ce que tout nouveau vêtement soit approuvé par l’utilisateur. Des experts de tous les domaines, dont ceux des chaussures, des gants, des textiles et des coiffures, prennent part au processus. On peut inclure de petites exigences de projet dans le prochain achat; le délai d’approbation est de 12 à 18 mois.

Toutefois, le lancement de nouveaux vêtements ou de nouvel équipement peut prendre de 18 à 55 mois, selon les changements à apporter et les différentes étapes du processus. En plus de la conception, des tests et des essais, un nouvel objet utilisé à l’échelle des FC doit aussi être approuvé par les trois éléments.

Au moins 80 % des utilisateurs doivent donner leur assentiment.

Le directeur – Administration du programme de l’équipement du soldat 2 (DAPES), VEPO, s’inspire parfois des meilleures composantes de vêtements ou d’équipement d’autres forces armées pour concevoir le modèle canadien. Il arrive aussi qu’on adapte tout simplement des vêtements prêts-à-porter ou de l’équipement existant.

Pour la Marine, la résistance au feu est très importante; pour la Force aérienne, c’est la navigabilité qui est essentielle.

Des tests peuvent s’avérer nécessaires afin de respecter les normes nationales, notamment celles du Bureau de la sécurité des transports du Canada, et les normes étrangères, dont celles de l’OTAN, de l’Australie et des États-Unis.

En fin de compte, le processus vise à fournir aux militaires les meilleurs vêtements possible. « En vérité, le système est une personne », affirme Peter Graham.

L’utilisateur Lorsqu’il regarde les uniformes de sa collection et celui qu’il porte maintenant, l’Adj Storey est heureux des progrès technologiques qui ont permis de modifier la conception et la fabrication de la tenue des militaires.

D’un côté, il pense que la tenue de combat était plus chic il y a quelques décennies. D’un autre côté, les uniformes d’aujourd’hui sont axés sur le confort.

D’une façon ou d’une autre, l’Adj Storey se réjouit grandement de l’arrivée du camouflage.