Avant les autoroutes, il y avait des sentiers. Avant les ponts, il fallait traverser des rivières. Avant que la Nouvelle-Écosse coloniale puisse s’étendre au-delà de ses établissements côtiers, les gens devaient tracer des itinéraires à travers la nature sauvage.
En Nouvelle-Écosse du XVIIIe siècle, nombreuses collectivités sont reliées par eaux côtières, rivières et voies navigables soumises aux marées. Cependant, les voies terrestres prenaient de plus en plus d’importance comme la colonisation s’étendait et établissait de nouvelles positions militaires. Il fallait des routes pour relier collectivités et centres administratifs, et soutenir les opérations militaires. C’est là que les ingénieurs militaires et les arpenteurs ont laissé leur empreinte.
Bien avant la fondation d’Halifax, les communautés acadiennes s’établissent autour d’Annapolis Royal, de Minas et de Chignecto, construisant des routes locales.
Après l’acquisition de la Nouvelle-Écosse continentale en 1713 par les Britanniques, les autorités d’Annapolis Royal s’impliquent plus dans l’administration des routes. Le Génie royal arpente la colonie. Leurs premiers levés s’étendent de Passamaquoddy au Cap Sable et comprennent le bassin de la rivière Annapolis, la baie de Fundy et de nombreuses colonies acadiennes.
Les ingénieurs répertorient les établissements, les cours d’eau, les propriétés foncières et les ressources naturelles. Leur travail fournit des renseignements essentiels à la défense militaire, à l’aménagement des établissements et au développement des voies de transport. La construction des routes est une entreprise collective. Fonctionnaires coloniaux, arpenteurs civils, entrepreneurs et Génie royal y jouent tous un rôle. Les collectivités locales fournissent une grande partie de la main-d’œuvre nécessaire pour construite les routes.
En 1749, environ 3 000 colons arrivent à la baie de Chebucto pour faire d’Halifax une colonie britannique et base militaire permanente. L’arpenteur Charles Morris, avec le capitaine John Bruce, du Génie royal (RE), trace le plan de la nouvelle ville. Morris devient le premier arpenteur général de la Nouvelle-Écosse.
Halifax devient rapidement le centre militaire et administratif britannique de la région. À mesure que la colonisation s’étend au-delà du port, des routes et ponts fiables deviennent essentiels pour relier la population croissante aux installations militaires et autres sites stratégiques.
La situation change en 1755. Les Britanniques déportent les Acadiens, transformant le peuplement de la Nouvelle-Écosse. Entre 1760 et 1768, environ 8 000 colons arrivent de la Nouvelle-Angleterre. Ces nouvelles collectivités imposent des exigences accrues au réseau de transport de la colonie, demandant nouvelles routes et nouveaux ponts, ainsi que l’arpentage de nouveaux itinéraires.
À la fin du XVIIIe siècle, les routes étendent la colonisation au-delà des voies navigables qui constituaient ses principales artères. Le Génie royal n’a pas construit à lui seul le premier réseau routier de la Nouvelle-Écosse. Sa contribution s’inscrit dans un vaste effort. Grâce à leurs travaux d’arpentage, de planification, à leur expertise en construction et à leur gestion des infrastructures, le Génie royal contribue à transformer les cartes et les sentiers sauvages en ébauches d’un système de transport. De nombreuses routes secondaires de la Nouvelle-Écosse suivent aujourd’hui le tracé établi par le génie des régimes coloniaux français et britanniques.