Unites de Construction et d'Entretien de l' ARC

                               « Oh, on a quitté Tuft’s Cove, à Dartmouth, pour aller au Labrador.
                                À mille milles de nulle part, sur cette côte lointaine et brumeuse.»
                                     Chanson de l’Unité de construction et d’entretien n° 8, « 1942 »

La Seconde Guerre mondiale crée un besoin urgent pour l’Aviation royale canadienne d’étendre ses opérations à l’ensemble du Canada et d’appuyer le Programme d’entraînement aérien du Commonwealth britannique au Canada (BCATP). La Direction existante des travaux et bâtiments n’était pas en mesure de gérer l’ampleur ni le rythme des travaux de construction requis. Une nouvelle formation capable de construire et d’entretenir des installations dans des régions éloignées s’impose 

Cette nouvelle organisation devient les Unités de construction et d’entretien (UCE). On crée sept unités:  1re UCE à Toronto, 2e UCE à Winnipeg, 3e UCE à Montréal, 4e UCE à Calgary, 8e UCE à Tufts Cove, ainsi que 10e UCE à Dawson Creek puis à Edmonton. Comptant entre 400 et 1 650 membres du personnel, leurs chantiers s’étendent de Haida Gwaii à l’Islande et de Whitehorse à la frontière avec les États-Unis, suivant la géographie des opérations aériennes en temps de guerre. 

Leur travail était d’une diversité remarquable. Les équipes des UCE ont construit des pigeonniers et des jetées, érigé des tours radio et des portiques, et bâti des hangars complets ainsi que des installations opérationnelles. Elles ont aménagé des routes et des pistes d’atterrissage et installé des centaines de kilomètres de poteaux électriques et de câbles téléphoniques. En octobre 1942, cinquante aviateurs de la 9e UCE ont mis en place un réseau téléphonique de 650 kilomètres à travers les régions reculées de la Colombie-Britannique, de Williams Lake à Bella Bella. En janvier 1944, un important groupe d’aviateurs de la 8e UCE s’est embarqué à bord de deux navires de l’ARC à destination de l’Islande pour appuyer le 162e Escadron anti-sous-marin. Dans des régions côtières isolées, trente stations radar ont été construites pour surveiller les approches de l’Atlantique et les voies maritimes du Nord. 

Quinze sites de transit et pistes d’atterrissage d’urgence sont construits par les 4e, 9e et 10e UCE pour soutenir la route de transit du Nord-Ouest vers l’Alaska. Les 1re, 2e et 4e UCE se relayent pour soutenir deux escadrons du Ferry Command à Kapuskasing et à Armstrong, en Ontario, tandis que la 3e UCE construit un laboratoire de nutrition à Montréal. Les besoins du BCATP dans les Prairies canadiennes occupent la 2e UCE pendant toute la guerre. 

Les UCE apportent leur soutien à la Marine royale canadienne et à l’Armée canadienne. Lorsque le dépôt de munitions de Bedford explose le 19 juillet 1945, la 8e UCE, dont le quartier général se trouvait à cinq kilomètres de là, joue un rôle majeur dans l’évacuation et l’hébergement de plus de 2 000 personnes. 

Les UCE jouent un rôle déterminant dans la mobilisation et l’entraînement de l’Aviation royale canadienne (ARC) durant la Seconde Guerre mondiale. Le Programme d’entraînement aérien du BCATP connait un succès retentissant grâce à l’infrastructure que les UCE ont mise en place à un rythme inimaginable. À la fin de la guerre, 4 548 membres de l’ARC avaient servi au sein des UCE; 25 d’entre eux ont perdu la vie au service du Canada  
 

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