Un moment pour se recueillir et se souvenir

Commemorative Plaque at CFSME Gagetown
Informal Course Photo - Phase II CME Officer Training Course 8801
Publication Date 
15 Jun 2018

Par le Bgén Kevin Horgan, membre de la Phase II, 8801  
Le 20 juin 2018 sera le 30e anniversaire de l’accident survenu dans le secteur de destruction Slesse. Cet accident marque une importante et tragique page de l’histoire du Génie militaire canadien (GMC). L’accident qui s’est produit durant l’entraînement de phase II des officiers du Génie à l’EGMFC a fait six victimes : le Capt Joe Best; le Lt Dennis Aucoin; le Slt Kevin Wilkinson; l’Élof Kelly Gawne; l’Élof Wade Sutton et l’Élof Bill Whitley. Plusieurs autres stagiaires ont été blessés, et les familles et collègues de toutes ces personnes subissent encore les contrecoups de cette tragédie. 

L’enquête du coroner et la commission d’enquête qui ont suivi ont permis de conclure que l’accident était attribuable à un certain nombre de facteurs. Cette tragédie a surtout donné lieu à une révision exhaustive et au remaniement de l’instruction sur la destruction et de son utilisation au sein du GMC. À la lumière des opérations que nous avons menées depuis trente ans, à commencer par la Bosnie, jusqu’à l’Afghanistan, et du rôle qu’a joué l’utilisation efficace et sûre des dispositifs de destruction et des explosifs dans ces opérations, il ressort que cet accident, aussi tragique qu’il a été, a permis de sauver d’autres vies et de prévenir d’autres blessures. Nous ne saurons jamais combien de vies ont été épargnées depuis, mais nous savons que la réorientation dont le GMC a été le théâtre, dans la foulée de l’accident, en aura sauvé plus d’une. 

Il est évident que nous ne devons pas oublier les vies perdues et les répercussions de cet accident, mais nous devrions également réfléchir à nos activités quotidiennes au travail et à la maison en termes de sécurité pour nous, pour nos collègues et pour nos familles. Au travail, nous devons nous assurer de respecter les procédures et de ne pas tomber dans le piège des raccourcis qui, s’ils peuvent faciliter certaines tâches, augmentent également les risques. Ceux qui occupent des postes de leadership doivent faire respecter strictement les pratiques de sécurité. Le travail d’un militaire comporte parfois des risques inévitables; cela fait partie de notre culture. Mais ces risques doivent être gérés et acceptés uniquement lorsque les impératifs opérationnels nous y obligent. Le risque ne doit pas devenir la norme ni faire partie de notre milieu d’instruction. Les bonnes idées doivent aussi être sécuritaires. 

À titre de stagiaire à ce cours et membre de la section 1, dont faisaient partie Joe, Dennis, Kevin, Kelly, Wade et Bill, je pense souvent à cet accident. Ce n’est que « par la grâce de Dieu » que les autres stagiaires, les instructeurs et moi sommes ici aujourd’hui. Cet accident a eu des répercussions dans la vie de nombreuses personnes, surtout les familles. Je crois que les leçons que j’en ai tirées m’ont guidé tout au long de ma carrière. Comme je le mentionne dans le titre de cet article, nous devons nous souvenir de nos collègues et réfléchir à l’impact de cet accident sur chacun et sur l’ensemble de la communauté du GMC. La prochaine fois que vous serez à l’EGMFC, arrêtez-vous devant le cairn dédié à ces militaires et prenez un moment pour vous souvenir d’eux et de leur sacrifice et pour réfléchir sur ce que vous pouvez faire pour vous assurer que nous prenons les précautions nécessaires afin de limiter les risques, quelle que soit la tâche à accomplir. 
 
Chimo!