Deux cents munitions explosives non explosées dégagées d’une épave vieille de 87 ans

NCSM Thiepval
Exemple de munition trouvée à bord du NCSM Thiepval
Publication Date 
27 Dec 2017

En juin dernier, la Marine royale canadienne (MRC) retirait quelque 200 munitions explosives non explosées (UXO) d’une vieille épave, au large de la Colombie- Britannique. L’opération (Op) THIEPVAL avait été confiée à une équipe de 15 plongeurs-démineurs de la MRC, de plongeurs d’inspection portuaire et à du personnel de soutien de l’Unité de plongée de la Flotte (Pacifique). Pendant quatre jours, l’équipe a poursuivi l’opération depuis le bateau de plongée de chantier Sooke, qui est demeuré ancré près de l’épave durant toute l’opération.

En 2004, Travaux publics et Services gouvernementaux Canada a retenu les services de la Golder Associates afin d’évaluer la possible présence d’UXO sous l’eau, dans la zone de responsabilité des Forces maritimes du Pacifique. Le NCSM Thiepval était au nombre des sites qui pouvaient contenir des UXO.

En 2010, la découverte de munitions lors d’une plongée récréative au site du Thiepval a été signalée dans « Foghorn », le bulletin de l’Underwater Archaeological Society of British Columbia. Des photos sous-marines de munitions ont été fournies au programme des UXO SMA(IE); ces photos ont permis d’entreprendre des activités de gestion du risque pour ce site dans le cadre du programme.

En octobre 2012, une évaluation environnementale était préparée en vue du retrait des UXO du NCSM Thiepval. Cette évaluation a alors confirmé que le projet n’était pas susceptible d’avoir des incidences environnementales importantes.

En mars 2017, des plongeurs de la Marine ont examiné le site de l’épave afin d’estimer le nombre d’UXO présentes et la durée probable de la tâche. Ils voulaient également déterminer comment effectuer l’opération en toute sécurité.

En juin, toutefois, l’équipe a eu toute une surprise.

« Le plus gros obstacle était le nombre de munitions largement supérieur à ce qui avait été découvert à l’origine, en mars. Par conséquent, l’équipe a dû prolonger la durée des plongées dans le but de retirer tous les UXO dans les délais prévus, » affirme le Ltv Sebastian Harper, un membre de l’équipe de plongée de la MRC.

Les UXO – de dimensions et de types variés – ont été retirées du NCSM Thiepval, qui a sombré en 1930. Les UXO ont été transférées sur la côte, vers un site d’élimination désigné, où chacune a été éliminée par détonation, de manière sûre et conforme à la politique régissant les munitions et les explosifs.

Lorsqu’on lui a demandé si les plongées avaient permis de retrouver des objets intéressants, le Ltv Harper a précisé que « mis à part les UXO qu’ils ont retirées, les plongeurs ont laissé intact l’épave, qui constitue un lieu historique important. »

Comme le navire repose au fond des eaux de la côte ouest depuis 87 ans, l’épave et les objets qu’elle contient ont été très abimés par le temps. L’épave n’est plus maintenant qu’un vaste champ de débris dans le parc national Pacific Rim.

Le NCSM Thiepval était un dragueur de mines de la classe Battle de la MRC. Lancé à la fin de la Seconde Guerre mondiale, il est entré en service en 1918. Le navire a été déclassé à Esquimalt, en Colombie- Britannique, le 19 mars 1920. Il a ensuite été transféré au ministère de la Marine et des Pêcheries de l’époque comme bateau de patrouille, avant que la MRC en refasse l’acquisition et le remette en service en avril 1923. Le 27 février 1930, le Thiepval a sombré après avoir heurté un rocher.

L’épave sera cédée à Parcs Canada après le classement du rapport définitif, et le site sera ultérieurement ouvert au public et aux plongeurs récréatifs.

L’Op THIEPVAL est un bon exemple de la collaboration entre la MRC et le MDN. Règle générale, le programme d’UXO du SMA(IE) consiste à atténuer le risque que présentent les UXO sur les anciens sites. Le personnel du programme, grâce à son expertise, est en mesure d’effectuer des évaluations du risque et confie habituellement ce genre de projet de déminage à des entrepreneurs.

Dans le cas de l’Op THIEPVAL, le SMA(IE) a fourni à la MRC un financement lui permettant d’exécuter le travail.