Des membres du génie militaire canadien rendent hommage au passé

Le Maj Fred Gallant pose avec les documents de service et les médailles de son père. Photo prise par le Cplc Merner, EGMFC
Publication Date 
29 Apr 2014

par Capt A.J. Peddle, EGMFC

Un groupe de récents finissants du cours de technicien en construction 3A ont eu l’honneur inattendu de participer à un merveilleux projet qui soulignait un moment historique du génie militaire canadien. Récemment, le Maj Fred Gallant (à la retraite) a donné la permission au Musée de l’École du génie militaire des Forces canadiennes (EGMFC) d’exposer certains articles militaires ayant appartenu à son père durant son service au cours de la Deuxième Guerre mondiale. Ces articles se sont retrouvés entre les mains des techniciens en construction dans le cadre du programme d’initiation à la vie militaire (PIVM) de l’EGMFC, qui aide à créer un esprit d’équipe et à améliorer les valeurs militaires des candidats, de même que leur compréhension de l’histoire militaire et du génie. Par conséquent, les techniciens en construction ont eu le privilège de construire un boîtier d’exposition pour mettre en valeur les réalisations du sapeur Aubin Joseph Gallant et pour raconter son histoire. 

L’histoire et l’expérience du sapeur Gallant au cours des premiers jours de la participation du Canada à la Deuxième Guerre mondiale ressemblent beaucoup à celles d’autres jeunes Canadiens grandissant durant ce temps difficile, mais son histoire personnelle demeure unique. 

Aubin J. Gallant est né à Union Corner, sur l’Île-du-Prince-Édouard, où il a grandi sur la ferme de ses parents. À l’âge de 13 ans, il a été obligé de quitter l’école pour s’occuper de la ferme lors de la mort de son père en 1927. Il a rencontré son épouse en 1939 et est déménagé à Saint John (Nouveau-Brunswick) pour élever sa nouvelle famille. En avril 1942, M. Gallant a décidé de se joindre à l’armée et il s’est rapidement rendu à la BFC Petawawa pour son instruction de base. 

Après avoir terminé son instruction, il a été déployé en Angleterre avec le 18e Régiment du génie. Pendant les prochains vingt mois, son unité s’est entraînée et s’est préparée pour la guerre. Le 2 juin 1944, son unité s’est embarquée à destination de Juno Beach, en France. D’après les renseignements contenus dans son livret de solde (il apparaît dans le boîtier ci-dessous), vous pouvez voir que sa solde initiale était de vingt dollars par mois, et de trente dollars par mois avec obligations de la Victoire après l’entraînement.

Fatigué, affamé, manquant de sommeil et souffrant de nausées, le sapeur Gallant a débarqué à Juno Beach le 6 juin 1944, le jour J. Comme plusieurs de milliers d’autres militaires canadiens qui étaient là cette journée, il a été exposé à un bombardement d’artillerie, de mines, d’obstacles et de tir à la mitrailleuse. Sa mission était d’enlever les obstacles sous un tir intense pour aider à établir une tête de plage pour les forces alliées. La mission s’est poursuivie pendant deux jours et son unité a lutté pour se frayer un chemin dans le territoire contrôlé par les Allemands. 

Aubin Gallant a raconté à sa famille qu’il a cherché un endroit sécuritaire où passer la nuit, sous le son du tir des canons qu’il a entendu toute la nuit, juste au-dessus de lui. 

La 18e Compagnie de campagne et le sapeur Gallant ont pris part aux batailles de Carpiquet, de Caen et de la brèche de la Falaise, et se sont frayés un chemin vers l’Est jusqu’à Calais, où l’unité a vaincu l’armée ennemie. 

C’est ici que l’histoire du sapeur Gallant devient unique. Peu de temps après, il a été rapatrié au Canada pour des motifs de compassion. Sa mère était malade et souffrait de stress lié au fait qu’elle avait perdu une grande partie des membres de sa famille à la guerre – soit qu’ils étaient tombés au champ d’honneur, soit qu’ils étaient encore en service. Une véritable version canadienne du film Il faut sauver le soldat Ryan (Saving Private Ryan). 

Pour le reste de la guerre, le sapeur Gallant a servi à Fredericton (N.-B.) jusqu’à sa libération le 21 mai 1945. Il a pris sa retraite sur une ferme à Mont-Carmel, Î.-P.-É. Il était l’heureux père de douze enfants et six d’entre eux ont servi au sein des Forces armées canadiennes. 

Pour citer le Cplc MacGregor de la 22e Escadre GC de North Bay (un des élèves qui ont travaillé directement sur le projet) : « Ce fut un honneur de travailler à ce projet et de voir que l’un des nôtres a réussi à sortir vivant de cette horrible mais triomphante journée ». 

Le Musée de l’EGMFC est fier d’exposer les articles militaires du sapeur Gallant au nom de sa famille et du service du GMC. Le Musée essaie de transférer la collection au Centre Juno Beach pour qu’elle soit exposée dans le cadre de la commémoration du 70e anniversaire du jour J. 

Le boîtier de présentation construit par les membres du cours de technicien en construction 3A est un symbole de la fierté éprouvée pour l’un des leurs, sapeur et charpentier, et sert à rappeler à tous les défis de ceux qui ont servi et qui continuent à servir au sein du service du génie militaire canadien.