Deux officiers du GMC atteignent le sommet du mont Kilimandjaro

Le mont Kilimandjaro
Le major Mark Phillips et le major (à la retraite) Ed Batchelor brandissent fièrement le drapeau du GMC au sommet du mont Kilimandjaro − 21 juillet 2017
Le groupe de 19 alpinistes canadiens accompagnés de leurs guides
Publication Date: 
11 Sep 2017

Par Major Ed Batchelor (ret), CD, PEng

Avez-vous déjà rêvé d’être au sommet du monde? Les rêveurs sont nombreux, mais peu de personnes relèvent leurs manches et saisissent l’occasion de réaliser leur rêve.

À la mi-juillet 2017, un groupe de 19 aventuriers canadiens s’est réuni à Moshi, un petit village en Tanzanie situé au pied du mont Kilimandjaro, afin d’entreprendre une expédition de randonnée en montagne organisée par l’entreprise touristique Zara Tanzania Adventures. Le mont Kilimandjaro chevauche la frontière entre la Tanzanie et le Kenya et constitue la plus haute montagne isolée au monde. Il s’agit aussi du plus haut sommet d’Afrique et, avec son altitude de 5 895 mètres (19 341 pieds) au-dessus du niveau de la mer, du quatrième sommet le plus élevé au monde. Le groupe était composé d’un nombre égal d’hommes et de femmes, âgés de 25 à 61 ans. Parmi eux se trouvaient le major (à la retraite) Ed Batchelor et le major Mark Phillips, tous deux membres de la collectivité du renseignement géospatial et de la grande famille du Génie militaire canadien (GMC).

On peut emprunter sept voies différentes pour se rendre au sommet du Kilimandjaro. Notre groupe a choisi la voie Machame, qui mène au sommet à partir du sud-ouest. Cette voie est reconnue par plusieurs comme étant la plus belle en raison de ses paysages sauvages et variés, mais aussi la plus exigeante; les randonneurs prennent leur départ dans la forêt tropicale à Machame Gate à une élévation d’environ 1 600 mètres, puis il leur faut traverser une tourbière couverte de bruyère et un désert alpin avant d’atteindre le sommet glacé au-dessus des nuages (soit une traversée de quatre zones climatiques et écosystèmes différents).

Notre périple de 62 kilomètres a duré sept jours, soit cinq jours (40 kilomètres) pour l’acclimatation à l’altitude et l’ascension, et deux jours (22 kilomètres) pour la descente. Lors de notre montée, la distance parcourue était d’environ 5 à 10 kilomètres par jour, avec une élévation d’environ 1 200 mètres. La seule exception fut la nuit de notre ascension au sommet, où nous avons grimpé dans la noirceur pendant sept heures afin d’atteindre le sommet au moment du lever du soleil et de faire la file pour prendre une photo aux côtés du panneau emblématique, avant d’entreprendre la descente impitoyable pendant 12 kilomètres, laquelle s’est avérée aussi difficile que prévu pour les cuisses, les genoux et les pieds.
Une telle expédition nécessite les préparatifs habituels, soit améliorer son endurance cardiovasculaire, se procurer les vêtements et l’équipement nécessaire et mettre ses vaccins à jour. Le seul facteur inconnu est comment chacun réagira physiologiquement et psychologiquement au fait de se trouver à une altitude extrême. Il n’existe aucune corrélation directe entre ces réactions et l’âge, la condition physique, le sexe ou l’ethnicité de l’alpiniste. Les médicaments contre le mal de l’altitude vous aideront à atténuer les symptômes, comme les maux de tête (de gravité diverse), l’essoufflement (comme si vous respiriez au moyen d’une paille) et les douleurs d’estomac pouvant causer des vomissements, et c’est votre capacité à gérer ces symptômes qui déterminera votre degré de réussite.

Environ 35 000 alpinistes se rendent chaque année au parc national du Kilimandjaro dans le but de gravir la montagne. Les statistiques concernant le taux de réussite global parmi toutes les entreprises touristiques sont difficiles à obtenir, mais la documentation existante suggère que ce taux est d’environ 70 p. 100. L’ascension du Kilimandjaro ne nécessite pas de compétences techniques et représente plutôt une randonnée de difficulté modérée. Si vous pensez ne pas être à la hauteur, détrompez-vous : la personne la plus âgée à atteindre le sommet était un homme de 88 ans, à la fin de juillet 2017, tandis que la femme la plus âgée à réussir l’ascension était une dame de 86 ans.
Les guides et les porteurs jouent un rôle de soutien important tout au long de l’expédition, et ils étaient assignés à notre groupe selon un ratio de 3:1. Ils étaient donc près de 60 personnes à accompagner notre groupe. Ils s’occupaient de tout : l’établissement du rythme, l’installation et le démontage des tentes pour dormir et manger, le transport des tentes, des tables, des chaises, de l’équipement de cuisine et de la nourriture, en plus de tout le matériel supplémentaire des alpinistes requis pour la semaine. Grâce à ce soutien, les alpinistes étaient libres d’admirer le paysage qui changeait constamment et de se concentrer sur la tâche à accomplir, et 17 des 19 membres de notre groupe ont ainsi pu se rendre au sommet, où il faisait - 15 oC sans tenir compte du refroidissement éolien.

Je n’ai que des éloges à formuler au sujet de l’endurance physique des porteurs et du soutien et de la compassion de nos guides, et les mots me manquent pour décrire la satisfaction extrême et l’expérience exaltante d’avoir réussi à atteindre le sommet du mont Kilimandjaro aux côtés d’un merveilleux groupe de nouveaux amis et d’un de mes proches collègues militaires. Qu’attendez-vous?

CHIMO!